Le 50ème anniversaire

Allocution de Pierre DUCROQ, Secrétaire Général

Il y a 50 ans, très exactement le 22 novembre 1957 naissait le «  Club 57 Feu Vert » qui deviendra plus tard l’Association, puis la Fondation Jeunesse Feu Vert, reconnue d’utilité publique en décembre 1977.

Et le 1er septembre 1958, sur un terrain loué à prix modique par la Ville de Paris, au 61 de la rue Olivier Métra dans le 20 ème arrondissement, dans un baraquement en bois acheté à l’administration des domaines, naissait le premier équipement de l’Association qui en compte
aujourd’hui, toutes activités confondues près d’une quarantaine.

Le 1er éducateur Charles Prager, est engagé en 1958, il est bientôt secondé par Denise Gombault-Saintonge, qui assurera le secrétariat de l’Association jusqu’à sa retraite en 1988, et qui restera une fidèle amie de la Fondation, jusqu’à sa mort en 2003

Aujourd’hui nous venons d’engager le 285 ème salarié de la Fondation.

C’est dire le chemin parcouru !!

Pourtant la création de Feu Vert, ne doit rien à la génération spontanée !

Après la libération, dans les années 50, de nombreuses initiatives avaient vu le jour, le plus souvent menées par des bénévoles, sans moyens financiers , notamment dans le Nord, à Marseille, à Nancy, à Rouen et dans la Région Parisienne.

Au moment où nous célébrons les 50 ans de Feu Vert, nous avons, bien évidemment une pensée amicale pour ces pionniers de la première heure, et je pense notamment à Hubert Flavigny des Equipes d’Amitié, mais aussi à  Maité, qui  nous fait  l’amitié d’être avec nous ce soir, et à Bernard Monnier.

Je pense à André Le Guigno et à Thérèse Quinat du Club des Réglisses, à Bernard Emo le boxeur Educateur de Rouen,  à Louis Dooghe, à Jacques Mazé et à Robert Audouvin, et à beaucoup d’autres qui ont marqué de leur empreinte, cette période de l’histoire de l’Education Spécialisée.

Plusieurs magistrats et hauts fonctionnaires ont très vite compris l’intérêt de doter ces actions, jusque là éparses, de moyens financiers pour leur permettre de développer leurs missions et de les installer dans la durée.

Parmi eux , Roland Assatiany – Inspecteur de la Population au Ministère de la Santé, et surtout Jean Chazal, un des premiers juges pour enfants, vont jouer un rôle déterminant dans la création de Feu Vert, et participeront, en qualité de membres du Conseil d’Administration aux premiers pas de l’Association.

Jean Chazal, que certains ici ont sans doute connu, était un personnage hors du commun !

Sa fougue, son talent et son enthousiasme légendaires, l’ont conduit à se trouver au carrefour de toutes les expériences visant à la prise en charge de ceux que l’on appelait à l’époque les jeunes délinquants.

Auteur de nombreux ouvrages, à sa retraite, il enseignait le droit aux élèves de l’Ecole d’Educateurs d’Epinay sur Seine , et je me souviens qu’à l’époque , jeune élève de cette école, je suivais passionnément ses cours sur les droits de l’enfant qu’il savait rendre vivants et illustrés en permanence de son expérience personnelle Je me souviens notamment d’une formule qu’il utilisait souvent : «  Faire un enfant, c’est à la portée de n’importe quel imbécile, mais l’élever correctement çà c’est autre chose .

Président du Tribunal pour enfants de la Seine, il avait contribué à la création des Délégués bénévoles à la liberté surveillée auprès du Tribunal.

Cette fonction représentait en quelque sorte, ce que l’on appellerait aujourd’hui une alternative à l’incarcération ou au placement en Institution

Chargés de suivre le jeune dans son parcours, familial, professionnel et social les Délégués bénévoles à la Liberté Surveillée jouaient un rôle de tuteur et de garant du jeune dont il avait la charge.

Robert Steindecker est un de ces délégués bénévoles et c’est là qu’il va rencontrer Jean Chazal.

Et de la rencontre de  ces deux hommes qui n’ont apparemment pas grand chose de commun, sinon un intérêt passionné pour les jeunes en galère , va naitre une grande et belle aventure dont nous fêtons ce soir le 50 ème anniversaire : Le Club 57 Feu Vert.

Robert Steindecker, en 1957 a 47 ans, il est banquier, possède une maison d’édition, une galerie d’art, une agence de voyage et bien d’autres affaires.

Rien ne le prédispose à se préoccuper des jeunes en difficulté, si ce n’est la volonté farouche de donner à ces jeunes une nouvelle chance, et de  lutter contre les injustices qui frappent les êtres les plus fragiles.

Quelques années plus tôt, pendant la guerre, en tentant de rejoindre les Forces Françaises Libres en Afrique du Nord, il avait été arrêté et interné.

Comme beaucoup de résistants, il avait été profondément traumatisé par la découverte de l’univers carcéral.

Dans les années 50, il avait été parmi les premiers visiteurs de prison.

Dès la création de l’Association Club 57 Feu Vert, il n’aura de cesse de multiplier les actions en faveur des jeunes , sans trop se préoccuper des contraintes administratives , en y mettant lui même des moyens financiers propres quand c’était nécessaire.

En 30 ans il sera à l’origine de tous les établissements de Feu Vert, jamais satisfait de ce qui a été réalisé, il veut toujours aller plus loin, en faire toujours un peu plus ! … et pour ceux qui travaillent avec lui, il faut suivre, agir vite …. Et pas trop discuter !!!

Mais, ce faisant, il ne se fait pas que des amis !

Imaginez dans les années 60, une paisible bourgade, à la campagne à 1 heure de Paris. Quelques centaines d’habitants, dont beaucoup de résidences secondaires, occupées par des notables parisiens, et voilà que l’un d’entre eux entreprend de construire dans sa propriété, à quelques mètres de sa propre maison, un foyer pour 25 jeunes délinquants, puis il récidive quelques années plus tard en achetant une autre maison pour y accueillir 20 jeunes de plus !

Heureusement que Robert Steindecker n’avait pas d’ambitions politiques, car je crois que sa carrière à Ormoy la Rivière aurait été fortement compromise !!

Parmi tous ses projets, il en est un qui lui tenait particulièrement à cœur c’est la lutte contre l’échec scolaire.

Enfant, à Bruxelles son maitre d’école s’appelait Ovide Decroly, il en gardait un souvenir admiratif et respectueux.

Sans doute, la pédagogie de Decroly qui vise notamment à considérer l’enfant dans sa globalité, de sa vie affective sociale et familiale n’a t’elle pas été complètement étrangère à l’ouverture à Montrouge en 1980 d’une école expérimentale, puis d’une deuxième à Gennevilliers, quelques années plus tard 
Un homme est à l’origine de ce projet, c’est Jean Ughetto, administrateur de la Fondation, dont l’état de santé ne permet pas d’être avec nous ce soir.

Directeur d’Ecole d’Educateurs à Canteleu puis à Paris, Jean Ughetto est à l’époque un ami de longue date de Robert Steindecker, qu’il a rencontré lui aussi dans le bureau de Jean Chazal dans les années 50.

Il va suivre avec passion les débuts des Jacquets, et ne cessera de s’en préoccuper jusqu’à son départ du Conseil d’Administration en 2002.

En 1977, Robert Steindecker achète en plein centre d’Etampes, sur ses deniers personnels,  une grande maison bourgeoise pour y accueillir des jeunes sortants de prison !

Nouveau scandale pour cette petite ville de province tranquille !

Mais il n’en a cure, bouscule tout le monde et obtient quelques années plus tard l’habilitation en CHRS Coquerive et le financement par les pouvoirs publics de cet équipement dont l’utilité n’est plus aujourd’hui à démontrer.

Si j’ai voulu citer particulièrement ces 3 équipements  (Prévention- Ormoy et Coquerive) ce n’est pas parce qu’ils revêtent une plus grande importance que les autres institutions de la Fondation, mais c’est surtout parce que leur création est significative  de la volonté de Robert Steindecker et de ces méthodes parfois expéditives !

Il avait l’habitude de dire : « On ne peut pas attendre, il faut faire, il faut ouvrir, il faut accueillir – on ne peut pas refaire le monde, mais on peut quand même essayer un peu !! ».

Robert Steindecker n’était pas un théoricien des sciences de l’éducation,

Il avait parfois un coté un peu paternaliste, mais au sens noble du terme, il disait souvent : 

« Donner leur un ticket de métro, un travail, un logement et un peu d’argent pour manger et ils vont s’en sortir »
Bien sur on dirait sans doute les choses un peu différemment aujourd’hui, mais cette réflexion de bon sens, montre bien le coté profondément généreux et humaniste du personnage.

En 1977, Il avait voulu asseoir et pérenniser les actions menées par Feu Vert. Avec son épouse Suzon,  discrète et réservée, mais tout aussi intéressée que lui par l’action en direction des jeunes en dérive, il allait transformer l’Association en Fondation et la doter d’un patrimoine et de ressources propres.

Tel était l’homme, généreux, attachant, passionné et engagé 

Parfois dérangeant, impertinent, sarcastique, mais toujours si profondément humain  et attentif aux autres.

Vers la fin de sa vie il avait été nommé Chevallier de la Légion d’Honneur, et il avait accueilli, cette distinction pourtant bien méritée avec une apparente indifférence, tant il était éloigné des honneurs et des hommages, mais avec le sentiment toutefois de voir enfin reconnue à sa juste valeur, une œuvre qui lui tenait tant à cœur.

Pour avoir  travaillé à ses cotés durant plus de 20 ans, je mesure aujourd’hui tout ce que la Fondation Jeunesse Feu Vert, doit à cet homme d’exception, sans qui elle ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui.

Je souhaite que les salariés et les jeunes qui sont accueillis dans les Etablissements de la Fondation n’oublient pas cet homme d’honneur et de justice.

Vous avez pu constater, en faisant le tour des stands, et en feuilletant la brochure que nous avons éditée pour notre 50ème anniversaire, la grande diversité des actions menées.

Depuis 50 ans nous nous sommes beaucoup développés, nous avons essayé de le faire de façon maitrisée en prenant en compte deux critères essentiels selon nous :

  • D’abord, bien évidemment les besoins tels qu’ils ressortent de notre expérience, des propositions des établissements et services et des sollicitations des Pouvoirs Publics
  • Mais aussi et surtout, nous nous sommes efforcés à travers ces nouvelles expériences de rester fidèles aux valeurs qui constituent le socle commun de notre action.

Permettez-moi en quelques mots d’essayer de déployer ce fil rouge qui nous guide, autour de 6 principes essentiels qui nous rassemblent :

1 – Pour nous, l’ordonnance de février 1945, demeure malgré de multiples modifications, l’acte fondateur de l’action éducative auprès des mineurs en danger.
Elle stipule que la mesure éducative doit avoir priorité sur la sanction pénale.

Cette priorité de l’Educatif sur le Répressif est la raison d’être de toute notre action, elle est, aujourd’hui, plus que jamais d’actualité.

2- L’enfant, l’adolescent sont des sujets en devenir dont le comportement n’est pas prédictif de leur conduite à venir. Quelque ait pu être le parcours de ceux  que nous accueillons, nous nous refusons à en laisser au bord du chemin.

Nous ne nous résignons pas devant l’échec scolaire, et nous nous battons pour que chacun ait sa chance, et retrouve quelques perspectives d’espoir en son avenir.

Les évènements de ces derniers jours ont une nouvelle fois conduit les grands moyens d’information à nous  inonder d’images, à toute heure du jour ou de la nuit, de voitures qui brulent, de magasins dévastés  et de scènes de violences.

Mais pourquoi, ne nous donnent-ils pas à voir un peu plus souvent, des témoignages comme celui de Medhi, le  jeune garçon de la Crémaillère qui nous dit : « Maintenant j’ai des projets et j’ai envie de réussir ! ».

Peut-être alors, les gens porteraient ils un autre regard sur ce que Gabriel Mossua appelle «  le talent des jeunes de nos cités ».

3- Nous acceptons et respectons les jeunes dans leur diversité leurs différences et considérons cette diversité comme une richesse,

Ce qui implique un respect absolu des principes de la laïcité et du vivre ensemble.

Le 20 novembre dernier était célébré le 18ème anniversaire de la Convention Internationale des droits de l’Enfant qui stipule notamment :

« Qu’il est de la responsabilité des Etats signataires de préparer l’enfant à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre, dans un esprit de compréhension  de paix, de tolérance, d’égalité entre les sexes  et d’amitié entre les peuples et les groupes ethniques ». 

Bien avant l’existence de cette convention, nous avons fait nôtres ces principes.

Ce qui exclut cela va sans dire, mais cela va mieux en le disant, tout sentiment de racisme, d’intolérance et de discrimination sous toutes ses formes.

4 – Nous ne nous considérons pas comme dépositaires d’un savoir, mais nous entendons partager avec les jeunes et les personnes qui nous sont confiés ou qui nous font confiance des expériences de vie, visant à la promotion des personnes, à la mise en valeur des capacités de chacun et à leur autonomie.

Nous voulons faire avec et non faire à la place – Pour cela « il nous faut mettre la main » à la pate comme le dit très simplement, dans le film, Aline Garnier, éducatrice du Service extérieur d’DOrmoy la Rivière.

5- Nous essayons de faire vivre les valeurs de solidarité, non pas comme un concept abstrait, mais par des réalisations concrètes sur le terrain.

En témoignent les nombreuses initiatives prises par plusieurs services , notamment la Prévention de Paris et de Seine Saint Denis, la Maison de la Juine, le Service Educatif 91, l’organisation de chantiers de solidarité au Sénégal ou au Mali par exemple , ou encore les séjours en Algérie.

 6 –Qu’il s’agisse de l’Institution ou de chacun de ses membres, nous sommes intransigeants quand au respect de notre indépendance et de nos prérogatives,
La relation de confiance qui s’établit entre un jeune et un éducateur est unique, elle doit être respectée, et ne peut se partager avec d’autres que dans l’intérêt du jeune et avec son accord. 

Et pour  résumer d’une phrase l’ensemble de ces principes qui nous guident , je n’ai rien trouvé de plus juste et de plus actuel, que cette magnifique définition de Fernand Deligny , le chercheur, le pédagogue, le pionnier de l’éducation spécialisée, qui dans les années 50 écrivait :

«  Pour nous, prendre un gosse en charge, ça n’est pas en débarrasser la société, le gommer, le résorber, le dociliser. C’est d’abord le révéler ! »

Pour conclure

Je voudrais vous inviter Mesdames et Messieurs, à méditer à partir de deux citations :

La première est bien connue, mais on ne la rappellera  jamais assez

Victor Hugo dans les Misérables écrivait :

« Ouvrez une école et vous pourrez fermer une prison »

La deuxième est beaucoup moins poétique, elle est extraite du Budget du Ministère de la Justice pour 2007 :

« Parmi les priorités, l’administration pénitentiaire bénéficiera de 160 Millions d’Euros affectés à la réalisation de 6 établissements et à l’achèvement de 7 établissements pénitentiaires pour mineurs ».

Cela montre, s’il en était besoin,  l’ampleur du travail qui reste à accomplir pour l’ensemble des équipes éducatives, et pour en faire le bilan, si vous en êtes d’accord, nous vous donnons rendez-vous le 29 novembre 2057, pour fêter ensemble le 100 ème anniversaire de la toujours jeune Fondation Jeunesse Feu Vert.

 

Allocution de Claudine GUTHMANN – Présidente

Mesdames , Messieurs,

Tout d’abord je voudrais vous remercier d’être tous ici ce soir et vous dire le plaisir que nous avons de vous accueillir dans cette superbe salle mise  encore une fois à notre disposition par la Mairie du 11ème arrondissement. C’est effectivement ici que nous nous étions déjà retrouvés il y a 5 ans  -pour fêter nos 45 ans – mais aujourd’hui nous avons, si j’ose ce raccourci, 50 ans - un âge symbolique- La rencontre de ce soir revêt donc,  à mes yeux en tout cas, une importance toute particulière.

Mais, au delà du symbole, célébrer cet anniversaire a un triple objectif ; c’est d’abord l’occasion de rencontrer dans un cadre amical toutes les personnes avec qui nous travaillons quotidiennement, les représentants de l’état, de la région ou des villes, les élus, les travailleurs sociaux et aussi les associations. 

C’est aussi l’opportunité de présenter l’ensemble de notre action. Vous ne connaissez probablement les uns et les autres qu’une partie de notre activité et il me semble utile  que chacun puisse appréhender la Fondation dans sa globalité et sa diversité.

C’est aussi un moment qui permet à l’ensemble des salariés de la Fondation de se retrouver dans une ambiance détendue pour faire mieux connaissance et échanger leurs savoirs. 

Il est difficile de raconter en peu de mots le chemin parcouru. La plupart des « fondateurs », salariés ou administrateurs, ont pris une retraite bien méritée, certains aussi malheureusement ne sont plus là. Mais il reste encore quelques acteurs  de nos débuts qui continuent  de participer à la vie de Feu Vert.(j’aperçois ici Serge Maret, Josy Riffet, Danielle Fournier, Yves le Balais  et bien d’autres…) Ils sont évidemment plus qualifiés que moi pour retracer notre histoire car ils l’ont suivi de plus près. Pierre Ducroc  a accepté de raconter cette épopée, il le fera  dans un instant.. Entré à la fondation en 1966, il en est devenu le directeur général  en 1986 . Il est actuellement  notre secrétaire général. J’ai aussi une pensée toute particulière pour Jean Ughetto membre du CA depuis ses débuts et témoin dans ce cadre de notre évolution ainsi que pour JP dufour qui nous accompagne depuis si longtemps.

Depuis les premières années, depuis le temps des  premières équipes de prévention, les activités de Feu Vert se sont diversifiées, nos méthodes se sont adaptées, mais notre but est toujours le même, notre mission inchangée.Pendant tout ce temps le monde autour de nous a évolué, pas forcément dans la direction que nous aurions souhaité.

Qui aurait prédit en 1957

  • que la situation d’une partie de la population et  celle des jeunes en particulier serait difficile à ce point en  2007,
  • que dans une société globalement plus riche, les laissés pour compte seraient relativement plus nombreux
  • que tous les rêves que chacun croyait à portée de main dans les années d’après guerre, rêve d’égalité de fraternité ne seraient  toujours qu’utopie.

C’est néanmoins la situation que nous vivons aujourd’hui, cependant nous ne la vivons pas avec défaitisme mais avec la conviction que nous pouvons, que nous devons aider le maximum d’enfants, d’adolescents et de jeunes adultes « à s’en sortir » et à prendre place dans cette société – notre société - tellement individualiste.

Je voudrais dire encore ceci. En 1957, l’âge de la majorité était de 21 ans, la scolarité était obligatoire jusqu’à 14 ans et, à 16 ans, une  forte proportion de jeunes était déjà dans la vie active.

Je ne conteste évidemment pas le passage de la majorité à 18 ans. Pouvoir voter à 18 ans semble raisonnable. Il a cependant tout de suite été clair que les jeunes de 18 ans livrés à eux -mêmes n’étaient  pas vraiment adultes ; qu’ils avaient encore besoin d’aide et c’est ainsi qu’est né le concept de « jeune majeur »

Et maintenant alors que la rentrée dans la vie active devient de plus en plus tardive, qu’il est si difficile de devenir adulte, on voudrait supprimer l’excuse de minorité  pénale à partir de 16 ans . La réforme de la justice des mineurs, qui la rend plus répressive, vise en principe à faire diminuer la délinquance –certes préoccupante, ne le nions pas – et à rassurer l’opinion publique  mais nous pensons plutôt que la prévention, la formation et l’insertion sont des outils   bien plus efficaces que ceux de  la répression et c’est là toute notre raison d’exister.

C’est à  cela que travaillent tous les personnels de Feu Vert. Dans la rue et dans les différents établissements, dans des conditions par essence difficiles, ils rétablissent un dialogue avec ces jeunes marginalisés, qu’il faut tout à la fois protéger et éduquer. C’est en les aidant ainsi à trouver un sens à leur vie, qu’ils arrivent à mettre en place un processus d’insertion. 

La véritable richesse de la Fondation se trouve évidemment dans ses équipes, ses éducateurs, ses enseignants, ses formateurs, ses psychologues, sans oublier les personnels administratifs et de service dont le rôle est si important. Pour leur investissement quotidien au service de nos missions nous ne les remercierons jamais assez. 

Si depuis  50 ans, notre activité a considérablement  augmenté, et s’est diversifiée, cela n’est pas du à un esprit expansionniste bien au contraire. Face à l’accroissement des difficultés sociales, nos équipes ont toujours répondu présent et les pouvoirs publics nous ont toujours soutenus.  Je voudrais au nom de l’ensemble des salariés les remercier de leur confiance.

Je voudrais aussi remercier les membres du CA toujours à l’écoute de nos problèmes et qui soutiennent notre action. 

Encore un mot pour conclure.

L’ensemble des équipes s’est mobilisé pour la réussite de cette soirée, elles ont en particulier préparé des documents pour exposer leurs actions. Les jeunes de la Maison de la Juine ont préparé le buffet qui je l’espère vous plaira.

Merci donc à vous tous et merci de m’avoir écoutée.