Bon anniversaire Jeunesse Feu Vert !

Pour célébrer son cinquante-cinquième-anniversaire, la Fondation a réuni le 11 décembre dernier à la salle Olympe de Gouges, dans le 11ème arrondissement, plus de 500 personnes : élus, salariés, partenaires et amis.

Cette manifestation était placée sous le haut patronage de Pierre Joxe qui s’est engagé fortement  pour une justice des mineurs protectrice et éducative. Après avoir salué l action des salariés qui ont construit l histoire de Feu vert, Jean-Marc Steindecker, Président de la Fondation, a remercié les collectivités publiques qui soutiennent nos actions de prévention, de protection de l’enfance, de formation, d insertion et de lutte contre toutes les exclusions tout en réaffirmant les valeurs fortes de la Fondation.

Myriam EL KHOMRI, adjointe au maire de Paris, chargée de la prévention et de la sécurité et Nawel Oumer, maire adjointe du 11èmearrondissement ont insisté sur le rôle de nos services dans le partenariat parisien et salué l’engagement des professionnels et plus largement la place du secteur associatif pour accompagner les jeunes et les familles les plus fragilisés.

La visite des stands, réalisés avec originalité par chaque établissement ou service, fut aussi l’occasion de montrer à nos invités la diversité de nos actions. Chacun a pu également apprécier et faire honneur au magnifique buffet préparé par les jeunes de la Maison de la Juine et par leurs encadrants et applaudir le spectacle de rap et de danse des jeunes de Seine-Saint-Denis.

Cette manifestation était précédée d un séminaire de travail portant sur le thème "Éducateurs d hier et d aujourd’hui". La diffusion d’un film sur nos pratiques éducatives, réalisé par José Sorba de l’agence Polynome et les témoignages de Pierre Ducroq, Josy Riffet, Francoise Bonnin, Nicole Bourgeais et Caroline Deliry lors de la première table ronde, animée par Nicole Gloaguen, ont montré l action de Feu Vert à travers plusieurs générations d éducateurs : 55 années de réalisations, de foisonnement d idées, de projets tissés au quotidien selon les contextes pour répondre aux besoins des jeunes et des personnes en difficulté et leur permettre d’accéder à l’autonomie et à la citoyenneté. Mathias Gardet, avec son regard d historien a rappelé quelques points de l’histoire de 1957 à 1979. Concernant les compétences professionnelles des éducateurs, Alain Vilbrot, professeur de sociologie à l université de Brest, a insisté sur les trois registres sur lesquels repose l’engagement de l’éducateur : symbolique, éthique et expérientiel. Dans ce dernier registre, nous citerons ce principe : « dans l action, le travailleur social ne peut mettre en application des techniques apprises une fois pour toutes et issues d un savoir à appliquer dès lors que les situations sont identiques. Les situations ne sont jamais identiques. Son travail est avant tout une expérience chaque fois renouvelée, toujours inscrite dans l évènement, toujours marquée par des particularités propres aux personnes à soutenir, aux contextes, aux actions entreprises, etc. Son action est toujours à reprendre, à refaire, à recommencer au sens où ce n’est jamais deux fois la même chose… si l efficacité du travail social a autant de mal à se mesurer, c’est parce qu’elle relève avant tout du registre symbolique, parce qu elle opère de façon à chaque fois renouvelée. Il s agit d’un travail toujours local, toujours localisé, un travail qui fait appel à l intelligence pratique, parce qu il est tout inscrit dans le social, qu il porte le social, qu il est un art de faire circuler le social ».

La deuxième table ronde animée par Chantal Goyau, administratrice et Directrice Générale de l ETSUP a permis à trois représentants de collectivités publiques : Marie-Françoise Bellée Van-Thong, Directrice Famille Enfance Jeunesse du département des Hauts de Seine, Francis Monge, Directeur territorial de la Protection Judiciaire de Seine-Saint-Denis et Pierre-François Salviani, chef du bureau des actions de prévention pour la Jeunesse à Paris, de livrer leur analyse du contexte d’intervention, de l évolution des besoins des publics mais aussi des politiques publiques. Au regard de la dureté des contextes, tous ont insisté sur la nécessité de s ouvrir aux problématiques d insertion professionnelle : celle de s intéresser à l’enfant dans son contexte familial à une époque où la famille est de plus en plus interrogée, celle de travailler en partenariat notamment avec les acteurs de la politique de la ville, celle de diversifier les prises en charge. Annie Leculée, Directrice du service de prévention de Paris de la Fondation a insisté sur l importance de « défendre le métier » précisant que si « la mise en référentiels des métiers éducatifs a clarifié de façon large leurs tâches, la mise en domaine, les compétences nécessaires et précisé les modalités de formation, cela n a pas permis d’affirmer que le cœur du travail social demeure la rencontre avec l enfant, l adolescent , l adulte , le public bénéficiaire,l importance de faire équipe ».

 

Jean-Marc Steindecker - Discours d'ouverture du 55e anniversaire

Alain Vilbrod - Les compétences professionnelles des éducateurs

Alain Vilbrod - De l'importance de l'histoire du travail social

Intervention d'Annie Léculée

Questions posées à Madame Bellée Van Thong, Directrice Famille-Enfance-Jeunesse, Département des Hauts-de-Seine